La mer recouvre de larges tranches de l'histoire canadienne, depuis les navires perdus dans des tempêtes ou fracassés sur des récifs, jusqu'aux vestiges de batailles navales jonchant les abords des ports, ou encore des fondations de forts historiques ou même des barrages de pêche préhistriques.

Le mandat des archéologues subaquatiques du Service canadien des parcs est de protéger, préserver et mettre en valeur l'héritage maritime canadien pour les générations futures. Depuis 1964, plusieurs fouilles, dont celles de Red Bay au Labrador et de Bay Bulls à Terre-Neuve, leur ont permis d'établir des normes internationales d'excellence pour l'archéologie subaquatique, particulièrement dans les techniques de moulage et dans l'enregistrement des données sous l'eau. Leurs activités se situent principalement à l'intérieur des parcs historiques et marins du Canada.

La navigation ayant joué un rôle prépondérant dans l'exploration et le développement du Canada, chaque type d'embarcation comporte en lien direct avec l'héritage maritime du pays, que ce soit le simple canot d'écorce, le vaisseau de guerre français, le navire marchand anglais, le bateau York ou la poélette des Grands Lacs. Cependant, l'archéologue subaquatique ne s'intéresse pas uniquement aux épaves. Il recherche aussi des objets égarés ou rejetés, tels les outils et les ustensiles de cuisine des prospecteurs de la ruée vers l'or du Yukon, ou des quelques derniers piquets d'un barrage de pêche préhistorique marqueés par Champlain au XVII e siècle à Atherly Narrows en Ontario. Ces vestiges que recèlent nos lacs, rivières et ports ont tous une histoire à raconter.

Les archéologues subaquatiques du Service canadien des parcs ont fouillé des sites marins appartenant à presque toutes les périodes de l'histoire canadienne. Ils exercent une profession excitante et à la fois très exigeante. Avant de pouvoir déterminer ce qui est important sur un site, ils doivent inventorier et dessiner toutes les pièces, depuis des poutres des navires jusqu'aux boutons de chemise des marins. Ils évaluent ensuite ce qui peut être remonté pour fins de protection: existe-t-il déjà dans leur collection un bon example de tel ca non? C'um point de vue pratique, telle coque est-elle en état de recevoir des plongeurs visiteurs? Tels artifacts sont-ils trop significatifs pour être laissés sur le site de l'épavé? Tous les sites historiques doivent &ecir c;tre évalués individuellement de façon à assurer la protection et la conservation de leurs ressources culturelles.

Cet héritage subaquatique appartient à tous et chacun des canadiens. C'est pour leur bénéfice que des artefacts et une partie de la coque du Machault sont présentés au centre d'interpétation de Restigouche. À Louisbourg en Nouvelle-Écosse, on conserve intactes sous l'eau des épaves que les plongeurs peuvent visiter pour ainsi revivre un peu leur histoire. Tout ce qu'om demande à ces plongeurs, c'est qu'ils laissent les épaves comme ils les ont trouvées. Tout objet déplacé ou enlevé par eux dévaluerait l'hérit age maritime de tous les canadiens.

Cette page a été produite en HTML par Christine M. Lafitte le 31 août, 1998.
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